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ENTRETIEN AVEC ETIENNE CHOUARD

POLITIQUE : Comment (re)DEVENIR PEUPLE SOUVERAIN ?

ECRIVONS NOUS-MÊMES LES RÈGLES DU POUVOIR !

Autrement DIT, DEVENONS UN PEUPLE CONSTITUANT

Gilets jaunes, covid, retraites, guerre, rien n’arrête Macron dans sa destruction de la cohésion nationale et de la souveraineté populaire. Comment parvenez-vous à garder la foi ? 

L'analyse qui me conduit à voir en nous-même la cause des abus de pouvoir, la cause de notre impuissance politique, me donne aussi cet espoir. Car je suis arrivé à la conclusion depuis longtemps qu’il ne tient qu’à nous de refuser d’élire. Pour l’heure, nous adorons cette procédure de l’élection, qui est pourtant ce qui nous dépossède de notre pouvoir politique de citoyens. Nous nous en remettons à d’autres. C’est le premier vice de cette procédure. Le second, c’est que l’élection ouvre une autoroute vers le pouvoir à ceux qui ont les moyens d’aider les candidats, c’est à dire les plus riches, les multinationales et les marchands d’argent, qui ne sont que des usuriers.  En 1789, ces gens-là ont pris le pouvoir en France et sont devenus constituants d’abord, législateurs ensuite. Il faut comprendre que ce moment représente le début d’une mutation anthropologique majeure. Depuis toujours, les humains se méfiaient des pouvoirs. Dans les sociétés primitives, les chefs étaient privés de tout pouvoir en temps de paix. La petite période que nous connaissons où l'élection donne le pouvoir en temps de paix à nos chefs est une très courte exception, c'est une anomalie, une perte complète de notre vigilance par rapport au pouvoir.  Nous avons accepté d’élire nos maîtres en 1789 plutôt que voter nos lois. Nous l'avons accepté au XIXème, en acceptant de rendre les armes. La population était armée au XVIIIème siècle. Les gens vivaient de la chasse, ils avaient tous des armes. Puis au XIXème siècle, la bourgeoisie a décidé de désarmer la population. Il fallait donner quelque chose en échange, on lui a donné une illusion : l’élection, le suffrage universel. Je vois dans ce renoncement la cause des causes de notre impuissance politique.

L'histoire montre quand même que nous pouvons avoir quelques doutes quant à ce renoncement. La Révolution fut un rapport de force entre Girondins et Jacobins, qui a tourné à l’avantage des seconds. Puis il y a eu la Commune, écrasée dans le sang, les Gilets jaunes, qu’ils ont fini par faire taire… 

Pardon, mais les Girondins ont gagné, ils sont au pouvoir. C’étaient les riches, les négriers, ils étaient à Bordeaux et faisaient leur fortune sur la traite des noirs. Certes, ils étaient opposés aux Jacobins, mais ils n’étaient pas moins créanciers de l’Etat, qui étaient en train de tout perdre. Ils ont déclenché des guerres rapides pour se renflouer. Pour moi, ce sont des gredins comme les autres. Ils s’opposaient au pouvoir centralisé à Paris, ce qui peut conduire à les aimer, mais ils n’en étaient pas moins des négriers je le redis, des créanciers et des va-t-en-guerre, pas du tout des amis du peuple. Quelques uns se sont fait raccourcir mais ils sont toujours au pouvoir. C’étaient des marchands. Et la procédure maudite de l’élection leur donne le pouvoir. Il faut avoir conscience que l’élection est le rouage central du système de domination parlementaire. Et nous l’aimons, comme des cons…  Quant aux Communards, ils étaient trop peu nombreux. Les Gilets jaunes enfin, ne se taisent pas, ils travaillent, ils deviennent constituants. Mais il faut être nombreux, très nombreux, plusieurs millions, pour aboutir à l’évolution que j’appelle de mes voeux : un peuple qui devient constituant. 

Vous citez Robespierre comme « authentique démocrate » dans votre livre en 2019. Il est très critiqué par un de nos grands philosophes, Michel Onfray, lui aussi ami du peuple. Que répondez-vous ? 

Je lis Robespierre plutôt que ce qu’en disent ses ennemis, qui à mon sens sont dans l’affabulation complète, la déformation, voire la calomnie chimiquement pure. Il faut lire Robespierre et Marat, c'est limpide et puissant. Je dois beaucoup de livres à Michel Onfray, j’ai bu ses paroles pendant 10 ans. Mais quand il parle de la Révolution française, ça ne va plus du tout. J’ai lu des centaines de livres sur la Révolution, j’ai donc travaillé un peu la question. Il y a un roman révolutionnaire et un roman contre-révolutionnaire. Ce qui m’étonne chez Michel Onfray, c’est qu’il prend pour argent comptant le discours contre-révolutionnaire. Pour un anarchiste, un libertaire, c’est vraiment surprenant. 

La référence c’est Hypollite Taine et sa somme monumentale de plus de 1 500 pages Les Origines de la France contemporaine

Oui, justement, Taine, c’est la contre-révolution incarnée. Si c’est la seule référence, c’est celle de la droite dure. Un anarchiste, un libertaire, qui nous a écrit des dizaines de livres et qui nous a fait découvrir des centaines de livres à la gloire de la souveraineté populaire, de l'anarchie, et qui se met à endosser les discours girondins, c’est quand même bizarre… J’espère avoir une discussion un jour là-dessus avec Michel Onfray.

En visionnant votre passage sur CNEWS au temps des Gilets jaunes, on se dit… dur, dur, vous êtes seul contre tous. Comment viviez-vous ces moments sur les plateaux mainstream ?

Aucun problème avec ça. Je ne suis plus invité, mais à l’époque, j’y allais sans états d’âmes. Et si on m’invite, j’irai, je suis capable de nager à contre-courant. Les conditions de lutte n’y sont pas favorables, mais je n’y vais pas pour gagner la guerre, simplement pour planter les graines de la démocratie, celles du processus constituant populaire permanent, le PCPP. CNEWS, ce sont des centaines de milliers d’auditeurs. Pour moi, c’est une machine à semer des graines d’émancipation populaire. J’ajoute que ce n’est pas parce ce que je parle à un royaliste que je le deviens, ce ne pas parce que je parle à un menteur professionnel, un politique, que je le deviens.  Je regrette néanmoins le temps des émissions comme Apostrophe et Droit de réponse, où l’on voyait des controverses politiques, des gens s’empailler, c'était très bon pour l'hygiène mentale et politique.

Un mot sur la Constitution de 58, faite pour l’homme du 18 juin qui disait en 42 : « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant sa souveraineté sans entrave. »

Rien à redire à cette citation, c’est magnifique, c’est une pensée puissante, mais je suis bien désolé de vous dire que ce n’est pas la Constitution de la Vème. Si vous reprenez l’article 3, « la souveraineté nationale appartient au peuple », ok, parfait, « qui l’exerce par ses représentants [donc elle ne lui appartient pas vraiment si on ne peut pas contrôler les représentants. C’est de l’ordre de l’oxymore] et par la voie du référendum. » D’accord, mais qui décide du référendum et de son contenu ?… On pourrait modifier ainsi : « et par la voie du référendum d’initiative citoyenne, en toutes matières, y compris constitutionnelle et de ratification des traités ; cet article ne peut être modifié que par voie référendaire. » Dans les facs de droit, on étudie les écrits de Raymond Carré de Malberg, juriste et théoricien du droit public français, une référence… et qui pourtant justifiait dans ses écrits l'escroquerie parlementaire consistant, pour les représentants, à usurper la souveraineté qui n'est pas la leur mais qu'ils exercent comme si c'était la leur, comme un locataire d'appartement qui vendrait l'appartement. La Constitution de 58 a tenté la synthèse entre la souveraineté nationale et la souveraineté populaire, ce que dissociait Carré de Malberg, mais on voit bien que ça ne fonctionne pas. On est toujours dans l’escroquerie. 

Pour autant, le référendum est bien dans la Constitution en son article 3, avec un ET, ce qui en fait non pas une alternative mais une obligation. Et ça fait 20 ans qu’on n’en a pas eu... La question est donc : quand bien même le texte soit écrit par le peuple, est-ce une garantie pour éviter le vol de la souveraineté populaire par un tyran ? 

Je conçois la Constitution comme un contrat social. Or, un contrat doit prévoir les cas d’abus de pouvoir, c’est à dire quand les choses se passent mal. Un contrat qui ne prévoit pas les dispositions à prendre quand les choses ne se passent pas bien ne sert à rien. Benjamin Constant, pourtant une crapule, disait que la Constitution est un acte de défiance. Défiance envers les pouvoirs. C’est donc un contrat qui doit nécessairement prévoir de limiter les pouvoirs et prévoir ce qu’on fait quand il y a des abus de pouvoir.  Je vois, avec l’expérience des ateliers constituants, que le niveau politique des gens monte, ils ne s’arrêtent pas tellement c’est jouissif, ils se transforment, ils deviennent des adultes politiques. Imaginez que seul le travail de rédaction de la loi soit réalisé par nos représentants. Ce travail serait présenté ensuite sur la chaîne du référendum, sur le site du référendum, dans les journaux du référendum, les agoras du référendum, avec des mises en scène des conflits, des conférences, des disputatios qui feraient monter le niveau de tout le monde et pour qu’au final nous nous prononcions nous-même sur la loi, nous votions les lois. Je suis convaincu qu’il n’y aura plus de place pour un tyran avec un peuple devenu constituant, qui a élevé son niveau politique de cette façon. Avec un peuple devenue adulte sur le plan politique, le risque de la tyrannie disparaît. Je pense qu’il n’y a des tyrans parce que nous les laissons faire. Ils ne sont grands que parce ce que nous sommes à genou. 

Ça pose la question de la responsabilité des médias, censés être le 4ème pouvoir… 

Oui, tout à fait. Dans les médias de masse aujourd’hui, on nous gave de sujets législatifs sur lesquels nous n’avons aucune prise, aucun pouvoir. Les disputes tournent autour des querelles politiciennes gauche/droite, extrême gauche/extrême droite qui n’ont aucun intérêt. Il faudrait que dans la grille des programmes et dans les colonnes des journaux, il y ait une place pour les sujets constituants, pour le processus constituant populaire.  Nous avons commencé un remarquable travail de ce type au temps des Gilets jaunes sur Sud Radio, permis par Didier Maïsto, que je salue pour ça, pour ce courage qu’il a eu face à l’adversité. Et je dois dire que les ateliers constituants du mercredi que nous avons lancés avec Marc Daoud sur nexus.fr est historique, exemplaire. Je sens une bascule dans les médias alternatifs depuis septembre, qui là encore nourrit l’espoir.

Pour que ça marche, il faut être nombreux, très nombreux, des millions. On voit un petit tract circuler un peu partout dans les rassemblements de citoyens : le compteur à constituants. Comment est venue cette idée et qu’est-ce qui la fonde ?

Le principe est que la démocratie réelle soit une idée contagieuse. Il faut avoir conscience que c’est le nombre qui fera le succès du processus constituant populaire. Quelques centaines de milliers de Français constituants ne suffit pas pour faire advenir la démocratie réelle. Il faut que nous soyons plusieurs millions, 10 à 15. Celles et ceux qui participent d’ores et déjà au processus ont compris le truc et trouvent ça super mais ils n’y croient pas assez pour que la contagion opère.  Le compteur a été créé par Daniel Vienne et Léo Girod, membres du mouvement constituant populaire, qui se sont dit qu’il fallait se donner du courage. Et pour ça, nous compter pour se dire « on n’est pas seul, il y a truc qui en train d’arriver et on y participe. » Daniel, dit le roi du RIC, a animé les premières initiatives du RIC à St-Claire-du-Rhône. Il avait aussi imaginé les gilets jaunes comme drapeau avant que le mouvement ne survienne. Ça n’avait pas marché à l’époque mais il en avait eu l’intuition.

Quand nous serons 10 ou 15 millions, la question est : comment on fait pour imposer la Constitution du peuple ? Vous écrivez « l’histoire des hommes est une insurrection permanente. » L’insurrection est un moyen d’aboutir selon vous ? 

L'histoire des hommes est en effet l’histoire de nos insurrections contre l’injustice. Donc je l’attends oui, mais pas trop tôt, car il faut bien comprendre que si nous nous insurgeons pour rejouer la même comédie à chaque fois, parce ce que nous ne sommes pas prêts, l’insurrection est vaine. L’insurrection a toujours été une réaction à des problèmes législatifs… on paie trop d’impôts, on a des salaires de misères, la vie est trop dure etc. Si nous n’avons pas de réflexion constituante préalable, ça ne marche pas. Les politiciens professionnels reviennent, nous proposent d’élire l’assemblée constituante, nous l’acceptons, et nous retournons dans les mêmes travers, dépossédés de notre souveraineté populaire. Quand nous serons au moins 10 ou 15 millions de constituants, alors oui, je suis certain que l’insurrection aboutira à une vraie démocratie car depuis 20 ans que je fais des ateliers constituants, j’observe que nous écrivons sensiblement toutes et tous la même chose, à savoir que nous instituons tous un pouvoir populaire et les contrôles nécessaires qui vont avec. Une insurrection dans un peuple constituant ne donnera pas quelque chose que l’on connait. Nous aurons les moyens d’organiser une police. Il faut savoir que pendant la Commune de Paris, les Communards, qui étaient des gens bien, avaient interdit le pillage des demeures de riches. Le pillage était interdit, sous peine de mort ! Il faut écouter là-dessus les conférences d’Henri Guillemin. 

Le mouvement zapatiste est-il une référence pour vous ? 

Oui, tout à fait. C’est un exemple de pouvoir avec une vraie constitution, un vrai contrôle des pouvoirs. C’est un mouvement remarquable, d’autant plus qu’il évolue dans un environnement très hostile avec un empire tout autour, c’est une lutte permanente. A la différence, nous avons la chance d’être au calme, ce qui laisse la possibilité de se préparer de la meilleure manière. Et croyez-moi, quand nous aurons écrit notre constitution, ce qui arrivera sera la meilleure chose qu’on ait vu sur cette terre.

La grève, pareil, est-ce une option à laquelle vous croyez ? Malheureusement la grève aujourd’hui, c’est l’appauvrissement des travailleurs. Il n’y a plus personne pour la faire… 

Une grève générale et reconductible, avec occupation des usines, qui est une modalité de l’insurrection, oui, mais pas tout de suite. Et je fais la même réponse que pour l’insurrection : le préalable est d’avoir des millions de constituants.  Par ailleurs, il ne faut pas que ça dure longtemps, pour ne pas conduire justement à l’appauvrissement. Ça peut aller vite si la cause est commune et que le mouvement est unifié autour de cette cause. Vous savez, les riches ont très peur de ça parce que leur richesse tient au fait que nous soyons dociles et que nous travaillons. Surtout, je le répète inlassablement : d’abord être constituants par millions, sinon, le résultat sera le même. Nous élirons une assemblée constituante et nous retomberons dans les mêmes travers. Pour ce qui me concerne, je ne cherche pas la révolution, qui n’est qu’un retour au point de départ, je cherche la grande évolution, l’évolution démocratique. Je ne cherche pas une VIème République, je cherche une 1ère démocratie. 

Il y a une autre option qui se dessine pour l’avènement d’une démocratie réelle via les municipales, c’est la primaire citoyenne. Vous y croyez ? 

Oui, mais je suis pas devin, je ne sais pas ce qui va marcher. Je trouve très interessant qu’on réfléchisse au niveau local à la démocratisation de nos institutions. Rendez-vous compte que vous n’avez pas droit à la parole quand vous assistez à un conseil municipal. Et l’on se dit citoyen ?… Non, pas du tout, nous sommes électeurs, pas citoyens. Un citoyen est constituant. Donc oui, c’est important que des initiatives citoyennes oeuvrent pour démocratiser les institutions.  Ceci dit, je connais en effet au moins deux candidats susceptibles de se présenter en 2027. Entendons-nous bien : des candidats à l’élection, pas au pouvoir. Ils s’engageront, solennellement et très formellement, à ne pas exercer le pouvoir s’ils sont élus président et engageront un processus constituant populaire.  La première est Clara Egger, qui est soutenue par Espoir RIC. Elle était candidate en 2022 mais a butté sur le système mafieux des 500 parrainages. Le second est en train de naître, il s’agit du PIC, Pari de l’Intelligence Collective. C’est un tout jeune parti qui milite pour une transition constitutionnelle à partir de l’élection présidentielle. Il est porté entre autres par Frédéric Bascuñana. Le PIC a renoncé formellement à prendre toute décision sans référendum. Ils vont s’occuper d’instituer la puissance populaire en organisant un moment constituant. Tout cela est écrit dans un manifeste. Le PIC est un cerveau collectif dans lequel l’idée est de tirer au sort un candidat à l’élection présidentielle, qui s’engagera, devant notaire, sur ses biens propres, à ne pas exercer le pouvoir.  S’ils obtiennent les 500 parrainages, ces deux candidats vont se servir de l’élection comme outil politique et accéder à une parole publique.

Un mot sur la monnaie. Tous les démocrates la considère comme un outil de souveraineté, qui devrait être un service public. Or, nous en avons été dépossédés aussi. Vous en faites une des priorités du plan C*. Un mot là-dessus. 

Oui, il est impératif de reprendre le contrôle de la monnaie, qui est un des grands sujets constituants. Il faut comprendre qu’un billet de banque est un certificat de travail. Vous réalisez un travail et vous recevez de la monnaie en échange. C’est à l’Etat d’avoir la main sur la monnaie, comme c’était le cas après guerre avec la création du Circuit du trésor*. Car si l’on dépend des marchés financiers, c’est à dire des riches, des banquiers, des grandes fortunes, on se retrouve dans la situation dans laquelle nous sommes, à devoir des milliards aux riches.  Je vous donne une image très parlante : la fortune de Bernard Arnaud n’est pas loin des 200 milliards d’€. Il faut se rendre compte de ce qu’est un seul milliard d’euros en une pile de billets de 100 € neufs et bien serrés : c’est trois fois la hauteur de la Tour Eiffel ! quand un million ne représente qu’un mètre de haut, la hauteur d’une table. Si on allonge la pile de billets de 100 €, il faut 1h30 en voiture à 130 km/h pour aller du début à la fin de la fortune de Bernard Arnaud. C’est délirant ! Est-ce que quelque chose peut légitimer ça ? Les riches n’ont pas besoin de nous et nous n’avons pas besoin d’eux. Il faut mettre des limites à ce qui dépasse l’entendement. Et cela aussi doit être prévu dans la constitution populaire.

illustration créé par cht gpt

En gros, il faudrait revenir aux principes monétaires et économiques des Trente glorieuses, période sans chômage ?

Tout à fait. La Banque de France a été nationalisée en 1945, le Circuit du Trésor a été créé, et, très important, les salaires, les loyers, tous les contrats, indexés sur les prix pour empêcher l’inflation d’appauvrir les gens. Hélas, Pompidou a entériné la lente destruction de la souveraineté monétaire avec la loi de son ministre Giscard D’Estaing en 1973, destruction qui a été actée dans l’article 104 du Traité de Maastricht, lui-même transposé dans l’article 123 du Traité de Lisbonne. A mon sens, c’est la 1ère des raisons de quitter l’Union européenne. Pour garder le contrôle, il faut évidemment que nous reprenions le contrôle de la création monétaire. 

C'est passionnant, mais il nous faut une conclusion. Donnez-nous votre mot de la fin

J'ai un rêve : que des millions de gens manifestent partout en France pendant une grève générale face à une tentative de reprise du pourvoir par par des politiciens professionnels, avec une seule et même pancarte : partez, on ne veut pas vous voir pour l’instant. Nous allons écrire nous-mêmes la constitution, les règles du pouvoir. Vous reviendrez quand nous aurons fixé les modalités des élections, du tirage au sort et définis les contre-pouvoirs. Alors vous serez peut-être élus ou tirer au sort, mais selon nos règles du jeu. Vous êtes un parmi d’autres dans la Première Démocratie !

 

Recueilli par Rodolphe Bretin

 

Entretien paru dans le numéro 162 du magazine Nexus (version augmentée pour Démokratie-info.fr)

Publié le
21 Mai 2026

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