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UNIVERSITE CIToYeNNE D'AVIGNON 2026 :

La souveraineté populaire à cor et à cri

C'est au Pontet, à une poignée de kilomètres d'Avignon, que quelque 200 militant.es de la souveraineté populaire se sont réuni.es pour un week-end de conférences et d'ateliers sur le sujet, à l'initiative du collectif Convergence citoyenne du sud, collectif né à la suite du mouvement des Gilets jaunes.

demokratie-info était à la première journée, consacrée à la corruption et son impact sur nos vies. « Ils ne sont pas corrompus, ils sont la corruption. » Cette phrase de Juan Branco apparait aujourd'hui comme une évidence... Cahuzac devant l'Assemblée nationale jurant n'avoir aucun compte en Suisse ni ailleurs en aura sans doute été la plus spectaculaire démonstration, jusqu'au mensonge devant la représentation nationale ! Cahuzac, ministre d'un gouvernement socialiste qui devait lutter contre le pouvoir sans limite de la Finance internationale !...

Se sont exprimés à la table des conférenciers du matin, l'ancien gilet jaune (gilet jaune toujours !) Daniel Bravo, qui met en place un café citoyen dans sa commune pour (r)éveiller les consciences ; Merlin Longuet, fondateur du Café des libertés à Forcalquier et de la Zone de Défense Active de la Culture (ZDAC) au moment du covid ; Chloé Frammery, enseignante franco-suisse et autrice de La plus belle démocratie du monde ? L'histoire d'une résistante suisse des années 2020 ; et Roland Sanviti, avocat au barreau de Paris, fondateur de l'association Démocratie Directe. Le débat était animé par Romain Pauc, journaliste à Nexus.

Chacun et chacune a apporté son témoignage sur ce qu'ils et elle ont perçu de la corruption en France, classée au 27ème rang mondial de l'indice de perception de la corruption (IPC/CPI) de Transparency International sur 180 pays. Et pourtant... pourtant la France compte quelques structures qu'on appelle parfois les comités Théodules. « La France est très bien structurée en matière de lutte contre la corruption » soulignait Daniel Bravo, citant entre autres la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et l'Agence française anti-corruption. « Mais ce que l'on entend quand on interroge ces structures est navrant : « Nous n'avons pas les moyens d'agir ». » D'où le 27ème rang mondial, avec une dégringolade du 21ème au 27ème rang mondial en huit ans, sous l'ère Macron, qui promettait en 2017 de moraliser la vie publique...

Pour Roland Sanviti, « tout a déjà été écrit en matière de corruption ». L'avocat au barreau de Paris a fait référence à un article du journaliste Christian de Brie paru dans le Monde diplomatique en 2000, intitulé États, mafias et transnationales comme larrons en foire pour dire que « nous ne sommes plus dans la corruption mais dans la trahison ! » Doléances de la Révolution (on peut même remonter beaucoup plus loin), Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, code civil de 1804, code de commerce, code pénal etc. Tout est là ! CQFD. « Tant que la Justice reste une autorité et pas un pouvoir, rien ne changera. » Roland Sanviti, fondateur de l'association Démocratie Directe, défend le principe d'un Garde des Sceaux élu par le peuple pour en faire un véritable pouvoir.

Dans la salle, on réagissait en faisant état d'engagements forts, voire à ses risques et périls. Celui de Catherine, engagée dans la dénonciation de la corruption du maire d'Eze, qui demande naturellement que les candidats aux élections soient dans l'obligation de présenter un casier judiciaire vierge pour prétendre se présenter à une élection, quelle qu'elle soit. On le demande bien aux aspirant.es fonctionnaires. Celui de Anne-Catherine, avocate suspendue pour dénonciation de faits de corruption, qui a créé en 2012 l'association Sauvegarde d'une justice impartiale dans les Alpes-Maritimes ; celui de Céline, Marina, Pierre et Olivier, gilets jaunes à Bandol, qui défendent avec une pétition la gratuité des parkings des établissements de santé.

A la suite du témoignage de Catherine, Romain Pauc a rappelé que cette mesure était dans le programme d'Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle 2017. « Il l'a retirée entre les deux tours... » Corrompus et corrupteurs dorment toujours sur leurs deux oreilles. Combien de temps encore ? La réponse nous appartient, à toutes et tous.

Romain Pauc, animateur de la table ronde du matin
Chloé Frammery est revenue sur l'étymologie du mot corruption

L'etymologie est particulièrement intéressante, car elle suggère qu'être corrompu, c'est être "rompu" dans son intégrité. Dans le domaine politique, la corruption peut donc être comprise comme : la rupture du lien entre une fonction publique et l'intérêt général, au profit d'intérêts particuliers. Cette idée de « rupture » est restée présente dans de nombreuses réflexions philosophiques, notamment chez Aristote, Montesquieu ou Rousseau, pour lesquels la corruption d'un régime

Décomposition du mot latin :

•com- / cor- : préfixe signifiant « avec », « ensemble », mais qui, dans ce cas, renforce l'action.

•rumpere : « rompre », « briser », « casser ».

Ainsi, corrumpere signifie littéralement : « briser complètement », « détruire », « altérer », « gâter ».

Merlin Longuet
Daniel Bravo
Roland Sanviti : « La France est prête pour la démocratie directe »

Publié le
03 Juin 2026

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