Les Ateliers constituants
Vigimédias et Mouvement Constituant Populaire planchent sur le journalisme au pied du journal Le Monde

Vigimédias est une association ouverte à tout citoyen qui considère que le IVe pouvoir (celui des médias) devrait être, comme tous les pouvoirs, supervisé par le peuple dans un esprit réellement démocratique. « Sans une information objective, offrant différents points de vue réfléchis sur tous les sujets de société, nous considérons que la démocratie ne peut-être, faute de possibilité au citoyen, de faire des choix éclairés. » Elle est présidée par Pascal Pouvereau, graphiste et développeur indépendant, militant de la démocratie depuis de nombreuses années et animateur de cet atelier.
Le Mouvement Constituant Populaire (MCP) est un collectif citoyen qui mène des actions d’éducation populaire pour sensibiliser les citoyens à l’enjeu démocratique et plus particulièrement à la nécessité d’un « processus constituant populaire permanent » (PCPP). Son inspirateur le plus emblématique est Etienne Chouard.
Ces deux entités se sont retrouvées à Paris le 4 juillet, au pied du journal Le Monde (manifestation déclarée en préfecture), pour un premier atelier constituant sur les médias, partant du principe qu'une de nos problématiques contemporaines empêchant le plein exercice de la démocratie est la concentration des titres de presse et des médias grand publics dans quelques mains de milliardaires, et des "élites" médiatiques dont propos et plumes sont guidés par l'idéologie.
L'exemple le plus emblématique reste le référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe (TCE), lors duquel la quasi totalité des quotidiens (à l'exception de L'Humanité) ont adopté une ligne éditoriale favorable au oui, Le Monde en particulier. Un autre exemple, plus récent, est celui du traitement médiatique du covid, la plupart des médias grand public ayant relayé la propagande gouvernementale, la dissidence étant mise au ban. On pense à la généticienne Alexandra Henrion-Caude (CheckNews - La Fnac, agitateur de complotisme ? Article de Libération du 25 mars 2023 suite au succès du livre Les Apprentis sorciers), au médecin réanimateur Louis Fouché, aux professeurs Montagnier, Raoult et Péronne. On pense également au traitement inhumain qui a été réservé aux soignants suspendus et non dénoncé dans les médias mainstream. Nous vivions pourtant sous la férule d'un Etat totalitaire soutenus par des éditorialistes de plateau.
« Le journaliste doit par définition être dans l'opposition » nous disait récemment Didier Maïsto, journaliste indépendant, fondateur de Sud Radio, oeuvrant aujourd'hui dans les médias alternatifs. On le déplore évidemment, mais la démocratie n'est pas une préoccupation majeure pour le microcosme médiatique parisien. Preuve a encore été donnée par Clara Egger, candidate citoyenne à la présidentielle pour instaurer le référendum d'initiative citoyenne constituant, sur le plateau de Praxis, rapportant les propos d'une journaliste de France culture, hors antenne, lui répondant clairement : « La démocratie n'est pas un enjeu prioritaire »... CQFD
À savoir : Le principal actionnaire du Monde est Le Groupe Le Monde Libre, détenu par :
- - Xavier Niel, fondateur de Free et actionnaire de plusieurs médias, a bâti une partie de sa fortune grâce à l'exploitation commerciale de services Minitel, dont le Minitel rose.
- - Mathieu Pigasse, banquier et homme d'affaires ;
- - Daniel Křetínský, industriel tchèque, entré au capital en 2018.
Le Monde est également détenu par le Pôle d'indépendance du Groupe Le Monde (PIGLM) , qui regroupe notamment :
- • la Société des rédacteurs du Monde (SRM) ;
- • la Société des personnels du Monde ;
- • la Société des lecteurs ;
- • les sociétés représentant les journalistes et salariés d'autres titres du groupe (Télérama, Courrier international, La Vie, etc.).
Ce qui garantit, en théorie, l'indépendance éditoriale du titre...
ATELIER CONSTITUANT AU PIED DU MONDE

Après cette longue introduction, voici le travail salutaire conduit par un groupe d'une quinzaine de citoyens et de citoyennes en quête d'une presse vraiment libre et indépendante de toutes pressions économiques ou politiques.
Précisons que ce travail a été produit dans les conditions de la méthode de la recherche du consentement, ou comment décider sans vote. Plutôt que de chercher un consensus qui implique un vote et laisse le plus souvent des déçus, l’idée est d’identifier progressivement les désaccords sur chaque proposition individuelle pour trouver des alternatives qui conviennent à chacun.

L'objet de cet atelier constituant : la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, dite Charte de Munich
Cette déclaration a été rédigée et approuvée à Munich, les 24 et 25 novembre 1971. Elle a été adoptée depuis par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), par l'Organisation internationale des journalistes (OIJ), et par la plupart des syndicats de journalistes d'Europe.
Préambule :
Le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes.
La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.
La mission d'information comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s'imposent spontanément. Tel est l'objet de la déclaration des devoirs formulée ici. Mais ces devoirs ne peuvent être effectivement respectés dans l'exercice de la profession de journaliste que si les conditions concrètes de l'indépendance et de la dignité professionnelle sont réalisées. Tel est l'objet de la déclaration des droits qui suit.
Chaque journaliste doit :
- 1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité.
- 2. Défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique.
- 3. Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.
- 4. Ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents.
- 5. S’obliger à respecter la vie privée des personnes.
- 6. Rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte.
- 7. Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement.
- 8. S’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
- 9. Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.
- 10. Refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.
Les cinq droits de la charte
- 1. Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d'enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. Le secret des affaires publiques ou privées ne peut en ce cas être opposé au journaliste que par exception en vertu de motifs clairement exprimés.
- 2. Le journaliste a le droit de refuser toute subordination qui serait contraire à la ligne générale de son entreprise, telle qu'elle est déterminée par écrit dans son contrat d'engagement, de même que toute subordination qui ne serait pas clairement impliquée par cette ligne générale.
- 3. Le journaliste ne peut être contraint à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction ou sa conscience.
- 4. L'équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste.
- 5. En considération de sa fonction et de ses responsabilités, le journaliste a droit non seulement au bénéfice des conventions collectives, mais aussi à un contrat personnel assurant sa sécurité matérielle et morale ainsi qu’une rémunération correspondant au rôle social qui est le sien et suffisante pour garantir son indépendance économique.
- Résultat de l'atelier -
Du pouvoir des médias
Article 1
Un journaliste permet de faire apparaître toute vérité par tout moyen pour aider le citoyen à comprendre le monde dans lequel il évolue et les conséquences de toutes décisions politiques sur sa vie pour pouvoir voter en toute connaissance de cause. Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui impactent la vie publique.
Le secret des affaires publiques ou privées et le secret défense ne peuvent en ce cas être opposé au journaliste que par exception en vertu de motifs mettant en danger la vie d’autrui ou la sécurité nationale suivant les recommandations de l’organe de contrôle.*
Article 2
La ligne éditoriale est un set de valeur que l’entreprise médiatique se doit de publier de manière transparente et qui ne peut inclure le mensonge.
Une entreprise médiatique qui ne revendique aucune ligne éditoriale se doit de respecter la liberté complète de publier du journaliste tant qu’il est dans la vérité et le respect du présent titre.
Le journaliste a le droit de refuser toute subordination.
L’organe de contrôle* vérifie chaque année la transparence des lignes éditoriales et le respect de ce présent article.
*Article sur organe de contrôle à rajouter
Organes de contrôle (ébauche)
Définition du journaliste : Producteur de contenu non-commercial qui diffuse de la connaissance actualisée et factuelle à ses contemporains.
Article 1
Les journalistes sont contrôlés par moitié de passionnés (volontaires, journalistes…) et moitié de tirés au sort, recevant tous un mandat et une formation.
















Atelier animé par Pascal Pouvereau, président de Vigimédias, Benoît Guarani Kaiowà, du MCP, et Emma Robin, de Vigimédias. © photos fbee
